Article· 9 min de lecture· 15 octobre 2026
Combien gagne un vidéaste ? Du chiffre d'affaires au revenu réel
Un vidéaste indépendant ne gagne pas de salaire. Il encaisse un chiffre d’affaires hors taxes dont il faut retirer les cotisations sociales, les frais de l’activité et l’impôt sur le revenu ; en micro-entreprise, il lui reste souvent entre la moitié et les deux tiers de ce qu’il a facturé, avant impôt. Dans la communauté des Vidéopreneurs, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € HT de chiffre d’affaires, et un vidéaste installé facture plutôt 40 000 à 80 000 € HT par an. Ce sont des observations, pas des statistiques. La suite décrit surtout la mécanique qui transforme un chiffre facturé en argent sur ton compte.
Toutes les fourchettes de ce texte sont indicatives : elles décrivent ce qu’on observe dans la communauté des Vidéopreneurs, pas un barème, et surtout pas un plafond. En vidéo, il n’y a pas de limite haute ; ton prix dépend de ton positionnement et de ta capacité à défendre la valeur que tu produis pour le client.
Pourquoi « salaire vidéaste » est une mauvaise question
Quand tu tapes « salaire vidéaste », tu cherches un repère qui existe pour les salariés : une grille, un bulletin de paie, un net en bas à droite. Pour un indépendant, ce repère n’existe pas. Ce qui existe, c’est un chiffre d’affaires, et trois prélèvements entre lui et toi.
Le premier, ce sont les cotisations sociales. En micro-entreprise, elles se calculent directement sur ce que tu factures, que tu aies fait de la marge ou non : autour de 22 % en 2026 pour des prestations de services, à vérifier sur le portail URSSAF du micro-entrepreneur car le taux dépend de la nature exacte de ton activité et change régulièrement. En société, elles s’appliquent à la rémunération que tu te verses, avec des pourcentages plus élevés.
Le deuxième, ce sont les frais. Le boîtier, les optiques, la lumière, l’ordinateur de montage, les disques, les logiciels, l’assurance responsabilité civile professionnelle, le véhicule, le comptable, le site, la formation. Pour un vidéaste seul et correctement équipé, on observe souvent 6 000 à 12 000 € par an, matériel amorti sur trois à cinq ans.
Le troisième, c’est l’impôt sur le revenu, qui dépend de ta situation et de ton régime fiscal. On ne donne pas de chiffre : l’espace professionnel d’impots.gouv.fr et ton comptable le feront mieux que nous.
Ce que tu « gagnes », c’est ce qui reste après les trois.
Salarié ou indépendant : deux réalités qui ne se comparent pas
Un cadreur salarié, un monteur en agence ou un intermittent ont une convention collective, un bulletin de paie et un employeur qui achète le matériel. Le vidéaste indépendant n’a rien de tout ça. Par contre, il a la main sur ses prix et sur son volume.
| Point de comparaison | Vidéaste salarié | Vidéaste indépendant |
|---|---|---|
| Ce qui tombe chaque mois | Un salaire net, stable | Ce que les clients ont payé, irrégulier |
| Cotisations sociales | Déduites par l’employeur, part patronale invisible | Payées par toi, calculées sur le chiffre d’affaires ou la rémunération |
| Matériel et logiciels | Fournis | À ta charge, à renouveler |
| Congés, arrêt maladie, chômage | Prévus par le contrat | À financer toi-même, couverture plus faible |
| Temps non facturé | Payé (réunions, formation) | Non payé (prospection, devis, administratif) |
| Levier sur le revenu | Négociation annuelle, changement de poste | Prix, spécialisation, récurrence, nombre de rendez-vous |
La conséquence pratique : un chiffre d’affaires qui ressemble à un salaire de cadre donne un revenu d’employé qualifié. Pas de quoi paniquer, mais c’est une bonne raison de fixer tes prix à partir du revenu visé plutôt que du tarif du voisin. Le guide Tarifs du vidéaste déroule ce calcul.
Les fourchettes de chiffre d’affaires qu’on observe
On bosse avec des vidéastes depuis 2021 dans l’Incubateur et le Mastermind, et on se méfie des moyennes. Sauf que quelques ordres de grandeur reviennent assez souvent pour être utiles. Ce sont les mêmes que dans le guide pilier.
| Situation | Chiffre d’affaires annuel observé | Ce qui le détermine |
|---|---|---|
| Première année, souvent en parallèle d’une autre activité ou du chômage | 10 000 à 25 000 € HT | Nombre de clients, projets gratuits ou sous-payés pour le portfolio |
| Vidéaste installé, seul, généraliste | 40 000 à 80 000 € HT | Régularité de la prospection, panier moyen, clients récurrents |
| Vidéaste spécialisé ou réalisateur, avec sous-traitants | 80 000 à 150 000 € HT | Positionnement, taille des clients, capacité à vendre des dispositifs |
| Structure à plusieurs | Au-delà, mais la marge par personne ne monte pas forcément | Organisation commerciale, gestion |
Deux précautions de lecture. D’abord, ces lignes décrivent ce que certains vidéastes de la communauté ont fait, pas ce que tu feras : une fourchette observée n’est ni un plancher ni une promesse. Ensuite, la colonne de droite compte plus que celle du milieu : le passage de la première ligne à la deuxième vient du nombre de rendez-vous clients obtenus et de la façon de les mener, bien plus que d’une caméra plus chère.
Du chiffre d’affaires au revenu net : le tableau en micro-entreprise
Pour passer du chiffre facturé à ce qui reste, applique deux soustractions : les cotisations, puis les frais. Le tableau ci-dessous le fait pour cinq niveaux de chiffre d’affaires, avec un taux de cotisations arrondi à 22 % (ordre de grandeur 2026, à vérifier sur le site de l’URSSAF) et des frais qui augmentent avec l’activité. L’impôt sur le revenu vient en plus et n’est pas compté.
| Chiffre d’affaires HT | Cotisations (≈ 22 %) | Frais de l’activité (hypothèse) | Reste avant impôt | Soit par mois |
|---|---|---|---|---|
| 15 000 € | ≈ 3 300 € | 3 000 € | ≈ 8 700 € | ≈ 730 € |
| 25 000 € | ≈ 5 500 € | 5 000 € | ≈ 14 500 € | ≈ 1 200 € |
| 45 000 € | ≈ 9 900 € | 8 000 € | ≈ 27 100 € | ≈ 2 250 € |
| 60 000 € | ≈ 13 200 € | 10 000 € | ≈ 36 800 € | ≈ 3 050 € |
| 80 000 € | ≈ 17 600 € | 12 000 € | ≈ 50 400 € | ≈ 4 200 € |
Trois remarques avant de t’en servir.
- Les frais sont une hypothèse. Un vidéaste qui loue et refacture son matériel aura moins de frais fixes ; celui qui vient d’acheter un boîtier cinéma, beaucoup plus. Remplace la colonne par tes chiffres.
- Le ratio reste entre la moitié et les deux tiers du chiffre d’affaires, avant impôt. Plus tu factures, plus la part des frais fixes diminue.
- Au-delà d’un certain chiffre d’affaires, tu sors de la franchise en base de TVA : neutre pour les entreprises, qui la récupèrent, décisif pour les particuliers. Le seuil est détaillé dans le guide des tarifs, avec les liens officiels.
Le simulateur de TJM fait le calcul dans l’autre sens : tu pars du revenu net que tu veux te verser, il te donne le chiffre d’affaires et le tarif journalier nécessaires.
Ce qui fait varier le revenu d’un vidéaste
Entre deux vidéastes au même niveau technique, le revenu peut varier du simple au triple. Dans la communauté, trois mécanismes expliquent presque toujours l’écart.
La spécialisation. Un vidéaste généraliste vend des journées de tournage et se compare à tous les autres. Un vidéaste identifié sur un type de client ou de problème vend un dispositif, à un prix qui n’est plus comparé à une journée. C’est le chemin que décrit François Gourdin dans l’épisode 209 : des années de bagage technique, une activité « pas cohérente avec son niveau », puis un déclic qui n’a rien de technique. Il choisit les clients pour lesquels il veut être identifié (problématiques techniques complexes, industrie, process) et constate qu’en salon « les discussions deviennent plus simples et plus claires ». Le guide Se spécialiser quand on est vidéaste détaille la démarche.
La prospection. C’est la variable la plus liée au chiffre d’affaires, et de loin. Victor Claverie raconte dans l’épisode 218 une première année qui ne décolle pas, un travail alimentaire repris en fin d’année, puis un bilan honnête : le problème n’était pas l’image, c’était l’acquisition. Il décroche le téléphone pour obtenir des rendez-vous, sans chercher à vendre une vidéo, et près de 70 % de son chiffre de l’année suivante se fait entre septembre et décembre, fruit des appels des mois précédents. Et ce qu’il retient, plus que le montant, c’est d’avoir une méthode qu’il sait reproduire. La routine est décrite dans Trouver des clients quand on est vidéaste.
La récurrence. Un client qui revient coûte beaucoup moins d’énergie qu’un client à trouver. Thibault Vanhoutte, dans l’épisode 228, attribue sa stabilité au fait que presque tous ses clients le rappellent, certains depuis plus de trois ans. Ce qui les fait revenir : un guide envoyé avant chaque tournage, une livraison facile à commenter, une proposition commerciale qui ose aller au-delà du brief.
S’y ajoute un facteur sous-estimé : le temps facturé. Un indépendant facture rarement plus de trois jours par semaine. Si ton prix est calculé sur cinq, ton revenu réel sera 40 % en dessous du prévu.
Dans le podcast : quatre parcours, aucune recette
On a choisi l’épisode 228 avec Thibault Vanhoutte comme source principale parce qu’il donne un chiffre que personne n’aime donner. Ancien chef de projet en agence, Thibault se lance à Lyon et réalise environ 15 000 € sur sa première année, projets gratuits et facturés compris, encore soutenu par le chômage. Deux ans et demi plus tard, il en vit. Ce qui a fait la différence, c’est la question du budget, qu’il pose désormais à chaque rendez-vous. « Le budget, ce n’est pas une question piège : c’est pour savoir comment accompagner au mieux et avoir une stratégie de production adaptée. » Et une persévérance sans illusion : « Il n’y a pas de statu quo dans le business : un non aujourd’hui ne veut pas dire que c’est un non demain. »
Joseph Paris, dans l’épisode 206, apporte la pièce complémentaire. Développeur reconverti, il vit aujourd’hui de la photo et de la vidéo, et il nomme l’erreur qu’il a encore tendance à faire : donner un prix tout de suite parce que le client est curieux. La séquence qu’il a apprise, découverte, proposition, devis signé, acompte, est ce qui a stabilisé son activité. Sa formule résume ces quatre parcours : « C’est bien beau d’être fort techniquement, mais en soi c’est que la baseline. »
Aucun de ces quatre vidéastes ne donne de recette, et on n’en tirera pas une. Ils racontent des mécanismes : prospecter régulièrement, poser la question du budget, ne pas donner de prix à chaud, choisir ses clients. Et c’est ça qui fait passer un vidéaste d’une ligne du tableau à la suivante.
Questions fréquentes
Quel est le salaire d’un vidéaste en France ?
Il n’y a pas de salaire pour un vidéaste indépendant, seulement un chiffre d’affaires dont il faut retirer les cotisations, les frais et l’impôt. Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe souvent 10 000 à 25 000 € HT de chiffre d’affaires la première année et 40 000 à 80 000 € HT pour un vidéaste installé. Ce sont des observations de terrain, pas des statistiques, et rien ne garantit que ton parcours leur ressemble.
Combien reste-t-il à un vidéaste en micro-entreprise ?
Souvent entre la moitié et les deux tiers du chiffre d’affaires, avant impôt sur le revenu. Les cotisations sociales prélèvent autour de 22 % du chiffre d’affaires en 2026, à vérifier sur le portail URSSAF du micro-entrepreneur, puis les frais de l’activité (matériel, logiciels, assurance, déplacements) absorbent entre 15 et 25 % selon ton équipement. Avec 45 000 € facturés, il reste de l’ordre de 27 000 € avant impôt.
Combien gagne un vidéaste la première année ?
Dans la communauté, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € HT de chiffre d’affaires, souvent en parallèle d’une autre activité ou d’une indemnisation chômage. Un invité du podcast raconte une première année autour de 15 000 €, projets gratuits compris. Et ce qui pèse le plus sur ce chiffre, c’est le nombre de rendez-vous clients obtenus, bien plus que la qualité des images.
Vidéaste salarié ou indépendant : qui gagne le plus ?
La comparaison n’a pas beaucoup de sens, parce que les deux ne se mesurent pas dans la même unité. Le salarié touche un net après cotisations, avec congés payés, chômage et matériel fourni. L’indépendant encaisse un chiffre d’affaires hors taxes dont il finance tout lui-même, mais il fixe ses prix et son volume. Le bon comparatif, c’est ton revenu net annuel divisé par les heures réellement travaillées, dans les deux cas.
Si tu veux transformer ces ordres de grandeur en prix, le guide Tarifs du vidéaste donne la méthode complète, du revenu visé au devis, et le simulateur de TJM fait le calcul avec tes propres chiffres en deux minutes. Si tu démarres et que la question est plutôt « par où commencer », le guide Devenir vidéaste pose les premières étapes. Et si tu veux travailler la prospection et la proposition commerciale avec d’autres vidéastes, c’est ce qu’on fait pendant six mois dans l’Incubateur.
FAQ
Questions fréquentes
Quel est le salaire d'un vidéaste en France ?
Il n'y a pas de salaire pour un vidéaste indépendant, seulement un chiffre d'affaires dont il faut retirer les cotisations, les frais et l'impôt. Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe souvent 10 000 à 25 000 € HT de chiffre d'affaires la première année et 40 000 à 80 000 € HT pour un vidéaste installé. Ce sont des observations de terrain, pas des statistiques, et rien ne garantit que ton parcours leur ressemble.
Combien reste-t-il à un vidéaste en micro-entreprise ?
Souvent entre la moitié et les deux tiers du chiffre d'affaires, avant impôt sur le revenu. Les cotisations sociales prélèvent autour de 22 % du chiffre d'affaires en 2026, à vérifier sur le portail URSSAF du micro-entrepreneur, puis les frais de l'activité (matériel, logiciels, assurance, déplacements) absorbent entre 15 et 25 % selon ton équipement. Avec 45 000 € facturés, il reste de l'ordre de 27 000 € avant impôt.
Combien gagne un vidéaste la première année ?
Dans la communauté, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € HT de chiffre d'affaires, souvent en parallèle d'une autre activité ou d'une indemnisation chômage. Un invité du podcast raconte une première année autour de 15 000 €, projets gratuits compris. Et ce qui pèse le plus sur ce chiffre, c'est le nombre de rendez-vous clients obtenus, bien plus que la qualité des images.
Vidéaste salarié ou indépendant : qui gagne le plus ?
La comparaison n'a pas beaucoup de sens, parce que les deux ne se mesurent pas dans la même unité. Le salarié touche un net après cotisations, avec congés payés, chômage et matériel fourni. L'indépendant encaisse un chiffre d'affaires hors taxes dont il finance tout lui-même, mais il fixe ses prix et son volume. Le bon comparatif, c'est ton revenu net annuel divisé par les heures réellement travaillées, dans les deux cas.
Le guide complet
Tarifs du vidéaste : combien facturer, et comment le tenir
Tarif vidéaste : fourchettes de TJM observées, méthode pour calculer le tien, grille par type de prestation et comment annoncer un prix sans le brader.
Sur le même sujet