Guide· 21 min de lecture· publié le 15 octobre 2026

Tarifs du vidéaste : combien facturer, et comment le tenir

Un vidéaste indépendant facture le plus souvent entre 300 et 450 € HT la journée quand il débute, entre 500 et 800 € HT une fois installé, et de 800 à 1 200 € HT ou plus quand il apporte une spécialité, la réalisation ou la stratégie en plus de l’image. Un film d’entreprise de deux à trois minutes avec une journée de tournage se situe dans un ordre de grandeur de 2 500 à 8 000 € HT. Ce sont des fourchettes que nous observons dans la communauté des Vidéopreneurs, pas des chiffres officiels, et aucune ne te dira ce que toi tu dois facturer. Ce guide te donne la méthode pour le calculer, poste par poste, puis pour l’annoncer et le tenir face à un client. On y parle de TJM, de devis, de droits d’utilisation, de grille tarifaire par prestation, de la réponse à « c’est trop cher » et de la manière d’augmenter ses prix sans vider son carnet de commandes.

Toutes les fourchettes de ce texte sont indicatives. Elles décrivent ce qu’on observe dans la communauté, et elles ne fixent surtout aucun plafond : en vidéo, il n’y a pas de limite haute. Ton prix dépend de ton positionnement, de la valeur produite pour le client et de ta capacité à le défendre.

Combien gagne vraiment un vidéaste indépendant

Un vidéaste indépendant ne touche pas un salaire mais un chiffre d’affaires, dont il reste, en micro-entreprise, souvent entre la moitié et les deux tiers une fois les cotisations et les frais déduits, avant impôt sur le revenu. Dans la communauté, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € de chiffre d’affaires, et un vidéaste installé facture plutôt entre 40 000 et 80 000 € par an. Au-delà, on change de modèle : sous-traitance, équipe, agence.

Pourquoi le mot « salaire » ne veut rien dire ici

Quand quelqu’un tape « salaire vidéaste » ou « combien gagne un cameraman par mois », il cherche une réponse qui existe pour les salariés : une grille de convention collective, un bulletin de paie. Un cameraman salarié d’une chaîne ou un intermittent a ce repère. Un vidéaste indépendant, non. Il encaisse un chiffre d’affaires hors taxes, dont il faut retirer trois choses :

  • les cotisations sociales, calculées sur le chiffre d’affaires en micro-entreprise (un peu plus de 20 % pour les prestations de services en 2026, à vérifier sur le portail URSSAF du micro-entrepreneur) ou sur la rémunération en société ;
  • les frais de l’activité : matériel et son renouvellement, logiciels, stockage, assurance, véhicule, comptable, site, formation ;
  • l’impôt sur le revenu, qui dépend de ta situation et de ton régime (voir impots.gouv.fr, espace professionnel).

Un exemple. Un vidéaste corporate à Lyon facture 45 000 € HT dans l’année. En micro-entreprise, il verse de l’ordre de 10 000 € de cotisations (ordre de grandeur, à vérifier selon l’année). Il a 8 000 € de frais réels : boîtier amorti sur trois ans, optiques, lumière, ordinateur de montage, logiciels, assurance pro, déplacements non refacturés. Il lui reste environ 27 000 € avant impôt, soit 2 250 € par mois. Un chiffre d’affaires qui ressemble à un salaire de cadre devient un revenu d’employé qualifié. Ce n’est pas un drame, c’est de l’arithmétique, et c’est elle qui doit fixer ton prix.

Les fourchettes qu’on observe

Nous accompagnons des vidéastes depuis 2021 dans l’Incubateur et le Mastermind, et on se méfie des moyennes. Quelques ordres de grandeur reviennent pourtant assez souvent pour être utiles.

SituationChiffre d’affaires annuel observéCe qui le détermine
Première année, souvent en parallèle d’une autre activité ou du chômage10 000 à 25 000 € HTNombre de clients, projets gratuits ou sous-payés pour le portfolio
Vidéaste installé, seul, généraliste40 000 à 80 000 € HTRégularité de la prospection, panier moyen, clients récurrents
Vidéaste spécialisé ou réalisateur, avec sous-traitants80 000 à 150 000 € HTPositionnement, taille des clients, capacité à vendre des dispositifs
Structure à plusieursAu-delà, mais la marge par personne ne monte pas forcémentOrganisation commerciale, gestion

Thibault, vidéaste à Lyon venu de l’agence, raconte dans l’épisode 228 sa première année autour de 15 000 €, projets gratuits compris, encore soutenu par le chômage. Deux ans et demi plus tard, il en vit et presque tous ses clients le rappellent. Il a gardé la même caméra. Ce qui a changé, c’est la question du budget posée à chaque rendez-vous, et une proposition commerciale structurée.

Ne lis pas ces lignes comme une promesse : elles racontent ce que certains ont fait. Elles servent surtout à vérifier que ton objectif et ton prix tiennent ensemble.

Calculer son TJM de vidéaste pas à pas

Ton TJM, ou taux journalier moyen, se calcule à partir de ce que tu veux te verser, de ce que coûte ton activité et du nombre de jours que tu peux réellement facturer dans l’année. Il ne se copie pas sur un confrère. Et il est presque toujours plus haut que ce que tu avais en tête.

La méthode est celle du simulateur de TJM du site. Quatre étapes.

Étape 1 : le revenu net que tu veux te verser

Pars du concret : ce dont tu as besoin chaque mois pour vivre et mettre un peu de côté, pas d’un chiffre qui fait rêver. Multiplie par douze. Prenons 2 500 € nets par mois, soit 30 000 € par an, un point de départ courant dans la communauté.

Étape 2 : les frais fixes de l’activité

Liste tout ce que ton activité coûte sur une année, que tu aies des clients ou pas : amortissement du matériel (prix d’achat divisé par sa durée de vie, trois à cinq ans), logiciels, stockage, assurance responsabilité civile professionnelle, comptable, site, téléphone, part professionnelle du véhicule, formation. Pour un vidéaste seul et bien équipé, on tombe souvent entre 6 000 et 12 000 € par an. Prenons 8 000 €.

Étape 3 : le chiffre d’affaires nécessaire

Les cotisations se prélèvent sur ce que tu factures, pas sur ce qu’il te reste. Il faut donc gonfler l’objectif pour les absorber :

Chiffre d’affaires nécessaire = (revenu net + frais fixes) ÷ (1 − taux de cotisations)

Avec un taux de cotisations micro-entreprise arrondi à 22 % (ordre de grandeur 2026, à vérifier sur le site de l’URSSAF ; l’impôt sur le revenu vient en plus) :

(30 000 + 8 000) ÷ (1 − 0,22) = 38 000 ÷ 0,78 ≈ 48 700 € HT

Deux remarques. D’abord, ce chiffre dépasse le seuil de la franchise en base de TVA pour les prestations de services (autour de 37 500 € en 2025, régime de l’article 293 B du CGI, à vérifier sur service-public.fr). Tu factureras donc la TVA : neutre pour tes clients professionnels qui la récupèrent, décisif pour les particuliers. Ensuite, en société (EURL, SASU), le taux s’applique à la rémunération et non au chiffre d’affaires, avec des pourcentages bien plus élevés : même principe, chiffres à faire valider par ton comptable.

Étape 4 : les jours que tu peux vraiment facturer

C’est ici que la plupart des calculs se plantent. Sur 52 semaines, retire les congés, les semaines creuses, la prospection, l’administratif, la formation, les imprévus. Un indépendant facture rarement plus de trois jours par semaine en moyenne, et il ne travaille pas 52 semaines.

Jours facturés = jours facturables par semaine × (52 − semaines non travaillées)

3 × (52 − 8) = 132 jours

TJM minimum = chiffre d’affaires nécessaire ÷ jours facturés = 48 700 ÷ 132 ≈ 369 € HT

Le TJM minimum, c’est le prix en dessous duquel ton objectif n’est pas atteint si tout se passe comme prévu. Comme tout ne se passe jamais comme prévu, on ajoute 20 % pour les devis négociés, les demi-journées qui durent une journée et le matériel à remplacer :

TJM conseillé = 369 × 1,2 ≈ 443 €, arrondi à 450 € HT la journée

Tu peux refaire le calcul avec tes propres chiffres dans le simulateur de TJM. Ça prend deux minutes, et le résultat se partage.

Ce que l’exemple révèle

Avec 2 500 € nets par mois en objectif, on arrive déjà à 450 € HT la journée. Celui qui vise 3 500 € nets, avec 12 000 € de frais et deux jours et demi facturables par semaine, tombe autour de 780 € HT. Les fourchettes du chapeau sortent donc mécaniquement du calcul, dès qu’on compte honnêtement ses jours. À 300 € la journée avec 100 jours facturés, on ne vit pas de la vidéo à Toulouse, et encore moins à Paris.

Dernière chose : le TJM reste dans ton tableur. Il sert à construire tes prix ; le client, lui, verra un prix par projet.

De la journée au devis : les postes qu’on oublie

Un devis vidéo cohérent compte cinq familles de postes : la préparation, le tournage, la post-production, les frais, et les droits d’utilisation. La plupart des devis sous-évalués oublient le premier, le quatrième et le cinquième. Le calculateur de devis vidéo reprend exactement cette structure.

La préparation

Brief, repérages, conducteur ou scénario, plan de tournage, coordination des intervenants, autorisations. Sur un film d’entreprise, ça représente facilement une journée, parfois deux. Ne pas la facturer revient à offrir 450 à 800 € par projet. Compte-la à part et montre-la : c’est aussi ce qui fait comprendre au client pourquoi ton film sera meilleur que celui de la personne qui débarque avec sa caméra et improvise.

Le tournage

Une journée de tournage mobilise du matériel, un trajet, souvent dix heures de présence et une fatigue qui se paie le lendemain. Beaucoup de vidéastes de la communauté facturent le tournage 10 à 30 % plus cher que le montage : avec un TJM conseillé à 450 €, la journée de tournage se place à 500 ou 550 €. La demi-journée coûte plus que la moitié d’une journée : elle bloque la matinée et impose le transport ; on la compte souvent autour de 60 % du prix de la journée. Les renforts (second cadreur, preneur de son, pilote de drone, maquilleuse) sont des lignes à part, au prix qu’ils te facturent plus une marge pour la coordination.

Le montage et la post-production

Dérushage, montage, habillage, étalonnage, mixage, sous-titres, exports par format. Sur un film de deux à trois minutes, compte deux à quatre jours ; sur un reportage événementiel, un à deux ; sur un lot de formats courts, souvent une demi-journée par format une fois la matière triée. Écris le nombre d’allers-retours inclus, deux en général, et le prix de la version supplémentaire. C’est la ligne qui te protège contre le projet qui n’en finit pas.

Les frais

Location de matériel spécifique, studio, figurants, musique sous licence, déplacements (le calculateur compte 0,60 € le kilomètre, à ajuster), hébergement, repas, péages. Refacture-les. Les absorber te donne l’impression d’être arrangeant ; au bout de l’année, c’est une à deux semaines de travail disparues.

Les droits d’utilisation

Tu restes auteur de tes images. Le client achète le droit de les diffuser pour un périmètre et une durée. Plus le périmètre est large, plus ce droit se paie. Une pratique courante, que reprend le calculateur, consiste à ajouter un pourcentage de la production (préparation, tournage, montage, renforts) :

Périmètre de diffusionPourcentage de la production (pratique observée)
Usage interne (intranet, séminaire, formation)0 %
Web et réseaux sociaux, un an10 %
Web et réseaux sociaux, trois ans20 %
Publicité, télévision, affichage, un an35 %
Tous supports, durée illimitée50 %

Aucune loi ne fixe ces pourcentages. Ils relèvent de l’usage, et ça te donne un point d’appui dans la négociation. Le périmètre doit figurer sur le devis et dans un contrat de cession ; sur la rédaction, fais-toi accompagner ou pars d’un modèle sérieux. Et si un client demande une livraison sous sept jours, un supplément de 25 % sur la production n’a rien d’exagéré : c’est le prix de la nuit que tu vas y passer.

Exemple chiffré d’un devis de film d’entreprise

Reprenons notre vidéaste à 450 € HT de TJM conseillé, 550 € la journée de tournage. Film de présentation de deux minutes trente pour une PME industrielle, trois interviews et des plans d’illustration, diffusion sur le site et les réseaux pendant trois ans.

PosteDétailMontant HT
Préparation1 jour : brief, repérage, conducteur, plan de tournage450 €
Tournage1 jour, deux caméras, lumière550 €
RenfortPreneur de son à la journée400 €
Montage et post-production3 jours : dérushage, montage, étalonnage, mixage, sous-titres, deux allers-retours1 350 €
Sous-total production2 750 €
Droits d’utilisationWeb et réseaux, trois ans : 20 % de la production550 €
Frais100 km aller-retour et musique sous licence210 €
Total3 510 € HT

Trois mille cinq cents euros pour un film de deux minutes trente, c’est le bas de la fourchette, avec un vidéaste qui débute et compte ses jours. Le même film, par un réalisateur à 900 € la journée, avec une journée de préparation de plus, un chef opérateur et un étalonneur, dépasse 8 000 € sans forcer. C’est ce qu’on veut dire par « pas de prix plafond ».

Grille tarifaire du vidéaste par type de prestation

Il n’existe pas de grille tarifaire officielle du vidéaste, mais on peut donner des fourchettes observées par type de prestation, à condition de dire ce qui fait bouger le prix. Le tableau ci-dessous sert à vérifier ton devis. Ne le recopie pas.

PrestationFourchette basse observée (HT)Fourchette haute observée (HT)Ce qui fait varier le prix
Film d’entreprise, 2 à 3 min, 1 jour de tournage2 500 €8 000 €Préparation, nombre d’intervenants et de lieux, renforts, étalonnage, droits
Interview face caméra, demi-journée, 1 à 2 min montées700 €1 800 €Nombre de questions, habillage, sous-titres, déclinaisons
Événementiel, 1 journée et un aftermovie1 200 €3 500 €Durée de couverture, second cadreur, interviews et micro-trottoirs, délai de livraison
Mariage, journée complète et film de 5 à 15 min1 500 €4 500 €Heures de présence, drone, second cadreur, teaser, délai, saison
Vidéo produit pour e-commerce, l’unité300 €1 500 €Studio, mise en scène, dégressivité au volume
Contenus réseaux sociaux, 1 jour de tournage et 4 à 8 formats courts1 200 €3 500 €Nombre de formats, sous-titrage, stratégie éditoriale, récurrence mensuelle
Montage seul, la journée300 €500 €Complexité, motion design, nombre d’allers-retours
Journée de tournage seule, rushs livrés400 €1 000 €Matériel apporté, expérience, pré-découpage des rushs

Quelques précisions sur les lignes qui posent le plus de questions.

Le tarif du vidéaste de mariage est le plus discuté, parce que les mariés comparent avec le photographe et que le marché va de l’étudiant à 500 € au studio à 6 000 €. La fourchette ci-dessus correspond à un vidéaste seul, présent de la préparation à la soirée, qui livre un film et quelques extraits. Drone, second cadreur et teaser sous 48 heures se vendent en options, et c’est souvent là que le panier moyen monte. La haute saison, de mai à septembre, justifie un tarif plus élevé que l’hiver.

Le tarif de montage vidéo se demande souvent « à la minute ». Résiste. Une minute d’interview montée simplement et une minute de film de marque avec motion design n’ont rien à voir en temps. Facture à la journée ou à la demi-journée, avec un nombre de versions inclus. Si un client exige un prix à la minute, calcule-le à partir de tes jours, pas de la durée finale. Même logique pour le tarif horaire : 50 à 90 € HT de l’heure se voient, mais l’heure est une mauvaise unité pour un métier où le temps de montage s’étire.

Le prix d’une vidéo d’entreprise, enfin, dépend d’abord du dispositif. Trois vidéos tournées à trois dates coûtent trois fois le prix. Trois interviews face caméra regroupées sur une journée reviennent à peu près à 1,4 fois le prix d’une seule : un déplacement, une installation lumière, un seul temps de préparation. Expliquer ces leviers au client fait partie du métier de conseil, et c’est souvent ce qui débloque un budget. Pour une vidéo publicitaire destinée à l’achat média, on quitte ce tableau : acteurs, décors, chef opérateur, droits étendus, le budget se compte en dizaines de milliers d’euros.

Ce qu’on voit dans la communauté. Un vidéaste de l’Incubateur envoie un devis après un bon premier rendez-vous. Quand il prend des nouvelles, le message est sec : un concurrent est trois fois moins cher, ses prix sont « excessifs ». En reprenant le dossier avec lui, on s’aperçoit qu’il avait proposé environ trois fois plus de vidéos que ce que le client voulait vraiment. En fait, l’offre ne répondait pas à la demande, faute d’avoir posé la question du volume et du budget. C’est le cas qu’on décortique dans l’épisode 226, et il se reproduit chaque année.

Annoncer et tenir son prix face au client

Un prix se tient parce qu’il a été préparé en amont, au premier rendez-vous, par une question : quel est votre budget ? Sans cette question, le client n’a plus qu’un critère pour te comparer, et c’est le prix. Avec elle, tu construis une offre qui tient dans son enveloppe et tu deviens un conseiller.

Poser la question du budget, systématiquement

Beaucoup de vidéastes n’osent pas. Thibault, dans l’épisode 228, explique comment il a retourné le problème : pour lui, le budget est l’information qui permet de choisir comment produire, une vidéo très travaillée pour monter en gamme ou du volume régulier pour durer. Dis-le au client en ces termes. Si la réponse est « je ne sais pas », aide-le : « Pour ce type de film, nos clients investissent en général entre 3 000 et 6 000 €. On est dans cette zone ? » Le silence qui suit vaut toutes les études de marché.

Pose aussi les questions que tu crois idiotes. Combien de vidéos ? Pour quelle diffusion ? Qui décide ? Avez-vous déjà travaillé avec un vidéaste ? Rencontrez-vous d’autres prestataires ? Si tu en oublies une, un message le lendemain est acceptable. Et si tu n’as pas encore de rendez-vous à mener, le guide trouver des clients quand on est vidéaste commence par là.

Présenter le prix par projet, avec des options

Le client achète un film, pas des journées. Présente un prix global par livrable, découpé en grandes étapes : préparation, tournage, post-production, droits. Pas chaque ligne de calcul. Le détail reste chez toi : il te sert à savoir ce qui saute si on retire une journée.

Propose deux ou trois offres, et oriente vers celle qui répond le mieux au besoin. Là, tu fais du conseil : tu montres ce qui fait bouger le prix (regrouper les tournages, réduire le nombre de formats, livrer des rushs pré-découpés que l’équipe interne finalise, filmer en résolution plus modeste pour du contenu réseaux). Le générateur de proposition commerciale t’aide à mettre tout ça en forme.

Répondre à « c’est trop cher »

Le message arrive. Première chose : c’est ton offre qui est visée. Respire quelques heures si besoin. Puis note que la pire réponse d’un client, c’est le silence ; là, il a répondu, parfois même avec un chiffre. C’est de l’information.

Deux réponses à éviter. L’affrontement (« vous n’avez pas à m’expliquer mon métier ») ferme la porte. La justification (« mon prix est élevé parce que… ») répond à une question qui n’a pas été posée et agace. À la place, va dans son sens :

« Je comprends tout à fait votre choix et je vous remercie de m’avoir répondu. J’ai à cœur de m’améliorer, et j’aimerais comprendre pourquoi cette collaboration n’a pas pu se faire. Accepteriez-vous un échange de quinze minutes ? »

Pendant cet échange, pose la question qui compte : hormis le prix, qu’est-ce qui aurait pu vous empêcher de travailler avec moi ? Tu apprendras si ta proposition contenait des choses en trop, si le concurrent a vendu autre chose, ou si le prix n’était qu’un prétexte poli. Le projet est perdu ; la relation, non. Reprends contact dans quelques mois.

Et ne baisse jamais ton prix sans retirer quelque chose. Une remise sèche dit au client que le premier prix était faux. Retire une journée ou un format, et il voit que ton prix est construit.

Tenir le prix envers soi-même

Julie, ex-journaliste devenue vidéaste à Paris, décrit dans l’épisode 231 les spirales de panique après l’envoi d’un devis, et la méthode qui les calme : reprendre le calcul, le TJM, ce que le client demande, et constater que le prix est juste. Elle rappelle aussi qu’un projet sous-payé est moins bien fait qu’un projet correctement payé, parce qu’on y investit son temps à perte. Sa première proposition à cinq chiffres, envoyée « cachée sous la table », est passée. Le travail fourni valait ce prix.

Augmenter ses prix sans perdre ses clients

On augmente ses prix d’abord sur les nouveaux clients, puis sur les clients existants avec un préavis de trois à six mois et une explication de ce qui change dans l’offre. Une hausse de 10 à 15 % passe rarement mal quand les livraisons précédentes ont été propres. Et perdre un client sur dix en gagnant 15 % sur les neuf autres, c’est un chiffre d’affaires en hausse pour moins de travail.

Quand augmenter

Trois signaux. Tu refuses des projets faute de temps : tes prix sont trop bas, c’est le marché qui te le dit. Tes devis passent tous sans négociation : même diagnostic. Ton TJM recalculé avec tes vrais frais et tes vrais jours est au-dessus de ce que tu pratiques : c’est le cas le plus fréquent, et le plus facile à corriger. Refais le calcul chaque janvier avec les chiffres de l’année passée.

Comment l’annoncer

Aux nouveaux clients, rien à annoncer : c’est le prix. Aux clients existants, un message simple, trois à six mois avant : « À partir du 1er janvier, mes tarifs évoluent de X %. Pour vous, ça représente tel montant sur une journée de tournage. Les projets validés avant cette date restent au tarif actuel. » Pas de justification longue, pas d’excuse. Si tu donnes une raison, donne celle qui concerne le client : une livraison plus rapide, du sous-titrage inclus.

Monter en valeur plutôt qu’en prix

La hausse la plus facile à faire accepter accompagne un changement d’offre. Thibault a remplacé l’aftermovie seul par une journée d’événement qui produit aussi une banque d’images, des interviews et des micro-trottoirs : l’entreprise repart avec du contenu pour l’année, pour un seul tournage, et le prix suit. Le guide se spécialiser quand on est vidéaste développe cette logique ; celui sur structurer son activité traite des abonnements et des clients récurrents, qui lissent le chiffre d’affaires et facilitent les hausses.

Un dernier mot pour les micro-entrepreneurs : si tu approches du plafond de chiffre d’affaires du régime micro-BNC (de l’ordre de 77 000 € en 2025, à vérifier sur le portail URSSAF), augmenter ses prix sans changer de statut n’a plus de sens. Là, parle à un comptable avant de brider ton activité.

Erreurs fréquentes

Compter 220 jours facturables par an. Un indépendant qui prospecte, administre et se forme facture rarement plus de 120 à 150 jours ; compte trois jours par semaine et tu seras déjà optimiste.

Oublier la préparation et les frais dans le devis. Une journée de préparation et des déplacements non refacturés sur chaque projet, c’est une à deux semaines de travail offertes par an ; compte-les sur une ligne à part et montre-les au client.

Envoyer un prix sans rendez-vous ni question de budget. Le client n’a alors qu’un critère pour te comparer ; propose systématiquement un échange, pose la question du budget et du volume avant de chiffrer.

Se justifier quand le client trouve ça cher. La justification répond à une question qu’il n’a pas posée ; remercie, accepte, propose un échange court et pose la question « hormis le prix ».

Baisser le prix sans réduire le périmètre. Une remise sèche dit que le premier prix était faux ; retire une journée, un format ou une option, et le prix baisse avec le contenu.

Facturer le montage à la minute de film livré. La durée finale ne dit rien du temps de travail ; facture à la journée ou à la demi-journée, avec un nombre de versions inclus.

Questions fréquentes

Quel est le tarif journalier d’un vidéaste en France ?

Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe le plus souvent 300 à 450 € HT la journée pour un vidéaste qui débute, 500 à 800 € HT pour un vidéaste confirmé, et 800 à 1 200 € HT ou plus pour un profil spécialisé qui apporte aussi la réalisation ou la stratégie. Ce sont des fourchettes terrain, pas des statistiques officielles. Le bon chiffre pour toi se calcule à partir de ton revenu cible, de tes frais et de tes jours facturables.

Combien coûte une vidéo d’entreprise ?

Pour un film d’entreprise de deux à trois minutes avec une journée de tournage, compte un ordre de grandeur de 2 500 à 8 000 € HT selon la préparation, le nombre d’intervenants, les renforts et l’étendue des droits d’utilisation. Une interview simple tournée en demi-journée se situe plutôt entre 700 et 1 800 € HT. Il n’y a pas de prix plafond : le dispositif de production fait tout.

Combien gagne vraiment un vidéaste indépendant ?

Il faut distinguer le chiffre d’affaires, qui est ce que tu factures, du revenu net, qui est ce qu’il te reste après cotisations, frais et impôt. En micro-entreprise, une fois les cotisations et les frais de l’activité déduits, il reste souvent entre la moitié et les deux tiers du chiffre d’affaires avant impôt sur le revenu. Dans la communauté, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € de chiffre d’affaires ; un vidéaste installé facture plutôt 40 000 à 80 000 € par an. Rien de cela n’est garanti : ce sont des observations.

Comment répondre à un client qui dit que c’est trop cher ?

Ni affrontement, ni justification. Remercie-le d’avoir répondu, dis que tu comprends son choix, puis propose un échange de quinze minutes pour comprendre ce qui a bloqué. Pose la question qui compte : hormis le prix, qu’est-ce qui aurait pu l’empêcher de travailler avec toi ? Le projet est peut-être perdu, la relation ne l’est pas.

Comment facturer le montage vidéo seul ?

À la journée ou à la demi-journée, à partir de ton TJM montage, avec un nombre de retours inclus écrit noir sur blanc. Dans la communauté, on observe des journées de montage facturées entre 300 et 500 € HT selon l’expérience et la complexité. Évite le prix à la minute de film livré : une minute de reportage et une minute de motion design n’ont rien à voir en temps de travail.

Faut-il facturer les droits d’utilisation des images ?

Oui, quand l’usage dépasse la communication interne ou le web pour une durée courte. Une pratique courante consiste à ajouter un pourcentage de la production selon le périmètre et la durée de diffusion : quelques pourcents pour du web un an, nettement plus pour de la publicité ou un usage illimité. Le périmètre doit figurer sur le devis et dans un contrat de cession ; en cas de doute sur la rédaction, fais-toi accompagner.

Pour aller plus loin

Trois épisodes du podcast prolongent ce guide ; les autres sur le sujet sont regroupés sur la page tarifs et argent :

Côté outils, le simulateur de TJM te donne ton taux minimum et conseillé en deux minutes, et le calculateur de devis vidéo le transforme en devis poste par poste, droits compris. Les termes qui t’échappent (TJM, cession de droits, franchise en base) sont définis dans le glossaire.

Si tu veux travailler ta grille tarifaire et ta manière de l’annoncer avec d’autres vidéastes, avec un retour sur tes devis réels, c’est ce qu’on fait dans l’Incubateur. Pour commencer sans engagement, la formation gratuite pose les bases du calcul de prix, et le business kit contient les modèles de devis et de proposition qu’on utilise nous-mêmes.

Sources

FAQ

Questions fréquentes

Quel est le tarif journalier d'un vidéaste en France ?

Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe le plus souvent 300 à 450 € HT la journée pour un vidéaste qui débute, 500 à 800 € HT pour un vidéaste confirmé, et 800 à 1 200 € HT ou plus pour un profil spécialisé qui apporte aussi la réalisation ou la stratégie. Ce sont des fourchettes terrain, pas des statistiques officielles. Le bon chiffre pour toi se calcule à partir de ton revenu cible, de tes frais et de tes jours facturables.

Combien coûte une vidéo d'entreprise ?

Pour un film d'entreprise de deux à trois minutes avec une journée de tournage, compte un ordre de grandeur de 2 500 à 8 000 € HT selon la préparation, le nombre d'intervenants, les renforts et l'étendue des droits d'utilisation. Une interview simple tournée en demi-journée se situe plutôt entre 700 et 1 800 € HT. Il n'y a pas de prix plafond : le dispositif de production fait tout.

Combien gagne vraiment un vidéaste indépendant ?

Il faut distinguer le chiffre d'affaires, qui est ce que tu factures, du revenu net, qui est ce qu'il te reste après cotisations, frais et impôt. En micro-entreprise, une fois les cotisations et les frais de l'activité déduits, il reste souvent entre la moitié et les deux tiers du chiffre d'affaires avant impôt sur le revenu. Dans la communauté, une première année se situe fréquemment entre 10 000 et 25 000 € de chiffre d'affaires ; un vidéaste installé facture plutôt 40 000 à 80 000 € par an. Rien de cela n'est garanti : ce sont des observations.

Comment répondre à un client qui dit que c'est trop cher ?

Ni affrontement, ni justification. Remercie-le d'avoir répondu, dis que tu comprends son choix, puis propose un échange de quinze minutes pour comprendre ce qui a bloqué. Pose la question qui compte : hormis le prix, qu'est-ce qui aurait pu l'empêcher de travailler avec toi ? Le projet est peut-être perdu, la relation ne l'est pas.

Comment facturer le montage vidéo seul ?

À la journée ou à la demi-journée, à partir de ton TJM montage, avec un nombre de retours inclus écrit noir sur blanc. Dans la communauté, on observe des journées de montage facturées entre 300 et 500 € HT selon l'expérience et la complexité. Évite le prix à la minute de film livré : une minute de reportage et une minute de motion design n'ont rien à voir en temps de travail.

Faut-il facturer les droits d'utilisation des images ?

Oui, quand l'usage dépasse la communication interne ou le web pour une durée courte. Une pratique courante consiste à ajouter un pourcentage de la production selon le périmètre et la durée de diffusion : quelques pourcents pour du web un an, nettement plus pour de la publicité ou un usage illimité. Le périmètre doit figurer sur le devis et dans un contrat de cession ; en cas de doute sur la rédaction, fais-toi accompagner.

L'auteur

Guillaume Gardes

Vidéaste en activité à Toulouse, cofondateur des Vidéopreneurs. Il coanime le podcast et coache l'Incubateur et le Mastermind sur la prospection et la vente.

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Par Guillaume et Antoine, vidéastes en activité · 4,7/5 sur Trustpilot