Guide· 22 min de lecture· publié le 15 octobre 2026
Trouver des clients quand on est vidéaste
Les clients ne viennent pas trouver un vidéaste. Il faut aller les chercher. Un portfolio et un compte Instagram signalent que tu existes, et le téléphone ne sonne pas pour autant. Ce qui remplit un agenda, dans ce qu’on observe depuis 2021 chez les vidéastes qu’on accompagne, ce sont quatre canaux travaillés dans cet ordre : ton réseau existant et tes anciens clients, le téléphone, le message écrit (mail et LinkedIn), puis la recommandation que tu organises. Ce guide détaille la cible à choisir, la routine hebdomadaire qui tient dans une semaine normale, le script d’appel en quatre temps, l’entretien découverte, la proposition commerciale, la relance et la réponse à « c’est trop cher », avec les ordres de grandeur relevés dans la communauté des Vidéopreneurs.
Pourquoi le portfolio ne suffit pas
Un portfolio rassure un prospect déjà intéressé, il n’en crée pas. Tant que personne ne le regarde, il ne sert à rien, et personne ne le regarde tant que tu n’as pas provoqué la rencontre. Le problème, c’est que les gens qui ont un besoin ne voient jamais ton offre, quelle que soit la qualité de tes images.
On le voit à chaque promotion : des vidéastes qui filment très bien, avec un site propre et un reel soigné, et qui attendent. Un post par-ci, un mail par-là : ce sont des bouteilles à la mer.
Le marché de la vidéo d’entreprise n’est pas mature. Beaucoup de PME ne savent pas ce que coûte une vidéo, ne savent pas qu’elles en ont besoin, ou pensent que le cousin qui a un drone fera l’affaire. Ces entreprises ne tapent pas « vidéaste » dans Google. Il faut aller les voir, comprendre leur situation et leur expliquer ce que la vidéo peut changer pour elles.
C’est ça, la prospection : signaler ta présence, puis écouter. Et il n’y a pas de canal miracle : ceux qui vivent bien de la vidéo ont commencé par ce qui donne des résultats vite, puis ajouté les autres canaux.
Les quatre canaux qui marchent, et dans quel ordre
Ce tableau résume ce qu’on observe dans la communauté. Ce sont des fourchettes, pas des statistiques : ta cible et ta régularité font bouger chaque ligne.
| Canal | Effort hebdomadaire | Délai avant un premier rendez-vous | Ce qu’on observe |
|---|---|---|---|
| Réseau existant et anciens clients | 1 à 2 h | Quelques jours | Les gens qui te connaissent répondent. Parfait pour démarrer, mais le réservoir s’épuise. |
| Téléphone | 2 à 4 h | 1 à 3 semaines | Environ un rendez-vous pour trois prospects joints. Le canal le plus rapide pour un vidéaste, parce que presque aucun concurrent n’appelle. |
| Message écrit (mail, LinkedIn) | 2 à 3 h | 2 à 6 semaines | Réponses lentes, relances obligatoires. Fonctionne nettement mieux couplé au téléphone. |
| Recommandation organisée (partenaires, clients livrés) | 1 h | Plusieurs mois | Le taux de signature le plus élevé, mais tu ne le pilotes pas au début. Il se construit avec les trois premiers canaux. |
Le contenu (posts LinkedIn, Instagram, YouTube) n’est pas dans ce tableau. Il nourrit la confiance de prospects déjà contactés, mais il ne remplace pas la prospection, et il ne marche que s’il parle à tes clients. Un post sur ton nouveau boîtier, c’est une conversation entre geeks.
Choisir une cible avant de décrocher le téléphone
Prospecter « tout le monde », c’est ne prospecter personne. Avant la première action, décris ta cible en une phrase : un secteur, une taille d’entreprise, une zone géographique et un problème que la vidéo résout. Cette phrase conditionne qui tu appelles, ce que tu dis et quels exemples tu montres.
Deux options existent, et elles ne s’opposent pas. La cible locale : les entreprises à moins de trente minutes de chez toi, tous secteurs, parce que la proximité crée la confiance et que personne ne les sollicite. La cible de niche : un secteur précis, partout en France, parce que tu le connais ou parce qu’il est réceptif. Dans ce qu’on observe, un vidéaste qui démarre obtient plus vite des résultats en local ; la niche vient ensuite, quand quelques projets dans un même secteur te donnent des références et un vocabulaire.
Le guide Se spécialiser quand on est vidéaste détaille ce passage. Un conseil qu’on répète : construis d’abord des fondations avec des clients corporate, disons 80 % de projets qui paient les factures et 20 % de projets passion, puis fais glisser le ratio.
Pour choisir, cherche ton chemin de moindre résistance. Personne ne part de zéro : tu as travaillé quelque part avant, tu connais des gens, tu habites un endroit précis. Une vidéaste qui travaille en crèche a des familles à portée de main pour ses premiers films. Un ancien recruteur a un avantage énorme sur tout ce qui touche aux ressources humaines. Un ancien agent immobilier connaît déjà la relation client et les artisans de son village.
Si tu pars sans réseau ni secteur de prédilection, l’analyse d’un million d’appels à froid commentée dans l’épisode 232 donne un indice : les secteurs les plus réceptifs étaient des entreprises traditionnelles, habituées au téléphone et absentes des réseaux sociaux (agriculture, industrie, comptabilité) ; les moins joignables, les DRH et les responsables e-commerce. Cette analyse porte sur des commerciaux salariés. Pour un vidéaste, la logique tient quand même : va là où personne n’appelle. Et si tu te présentes comme spécialisé, connais vraiment le secteur : une question technique suffit à démasquer un vernis.
La routine de prospection hebdomadaire
Une routine qui tient dans ta semaine vaut mieux qu’un gros coup de collier une fois par trimestre. La prospection, c’est de l’hygiène : tu ne te demandes pas si tu as le temps de te brosser les dents. Deux à trois créneaux fixes de une heure trente à deux heures, placés dans l’agenda avant tout le reste, suffisent pour démarrer.
Les volumes observés dans la communauté donnent un repère. Pour un vidéaste installé, vingt-cinq personnes jointes au téléphone et cinq rendez-vous posés, c’est une semaine réussie. Pour quelqu’un qui débute, dix à quinze vraies conversations, quinze à trente messages personnalisés et deux à quatre rendez-vous, c’est déjà une bonne semaine.
| Jour | Action | Durée indicative |
|---|---|---|
| Lundi matin | Appels à froid, groupés par secteur | 1 h 30 à 2 h |
| Mardi | Messages LinkedIn et mails personnalisés | 1 h |
| Jeudi | Relances (propositions envoyées, messages sans réponse, anciens prospects) | 1 h |
| Vendredi | Prospection en groupe, appels devant d’autres vidéastes et retours | 1 h 30 |
Le lundi pour les appels, parce que les agendas ne sont pas encore pleins. Le jeudi pour les relances, parce qu’une proposition envoyée en début de semaine a eu le temps d’être lue. Et le vendredi en groupe : seul, tu n’y vas pas.
Note tout dans un CRM, même minimaliste : pour chaque entreprise, la personne, la date du dernier échange, ce qui a été dit, et la date de la prochaine action. Suvi, le CRM gratuit qu’on a construit pour les Vidéopreneurs, fait ça ; un tableau Notion ou un tableur font le même travail au début. Ne laisse jamais un prospect sans prochaine action datée. Les termes utilisés ici (CRM, appel à froid, objection) sont définis dans le glossaire.
Mesure cinq chiffres par semaine : numéros composés, personnes jointes, rendez-vous posés, propositions envoyées, propositions signées. Au bout de deux mois, tu connais tes ratios, et ils changent ta façon de vivre les refus. Si tu vends des prestations autour de 5 000 € et qu’il te faut cinq rendez-vous pour en signer une, chaque rendez-vous vaut 1 000 €, y compris les quatre qui finissent par un non. Avec les chiffres de notre agence, on a constaté que le taux de rendez-vous qui se transforment bouge très peu d’une année sur l’autre.
Ce qu’on voit dans la communauté. Les vidéastes qui tiennent une routine de prospection sur six mois ont presque tous un point commun : ils ne prospectent pas seuls. Le vendredi, des membres se retrouvent en visio, micro fermé, enchaînent les appels pendant une heure trente devant les autres, puis débriefent les refus. Une ancienne journaliste arrivée à Paris sans réseau, terrifiée à l’idée d’appeler pour « faire du business », a décroché son premier rendez-vous lors d’une de ces sessions ; un an plus tard, elle signait sa première proposition à cinq chiffres (épisode 231). Un été, un groupe s’est fixé une heure d’appels par jour, à 14 h en vocal, pendant un mois et demi : les rendez-vous puis les contrats sont tombés, et aucun ne pense qu’il aurait tenu ce rythme seul (épisode 229).
Le téléphone : le canal le plus rapide pour un vidéaste
Dans la data qu’on accumule depuis plusieurs années, un vidéaste pose une date pour environ trois prospects joints au téléphone. L’analyse d’un million d’appels à froid menée chez des commerciaux salariés, souvent dans la tech, donne 4,5 rendez-vous pour 100 appels. L’écart s’explique simplement : personne n’appelle les entreprises pour leur parler de vidéo. Aucun prospect ne nous a jamais dit « vous êtes le troisième vidéaste à m’appeler aujourd’hui ».
Cette fenêtre se refermera à mesure que d’autres vidéastes apprennent à prospecter, mais en 2026 elle est encore ouverte. Et pour prendre des rendez-vous au téléphone, il faut surtout une structure et de la répétition.
Le script en quatre temps
Dans l’analyse citée, les commerciaux qui pitchaient d’entrée obtenaient environ 2 % de rendez-vous, ceux qui suivaient cette structure environ 7 %.
- L’accroche « J’ai vu que… ». Trente secondes de recherche avant d’appeler : une offre d’emploi, un nouveau site, un salon. « Bonjour, j’ai vu que vous recrutiez trois techniciens cet automne. » Tu parles d’eux, pas de toi.
- Une question de découverte ouverte. « Comment faites-vous aujourd’hui pour attirer des candidats ? » plutôt que « Est-ce que vous faites de la vidéo ? ». Une question fermée appelle un non.
- Un pitch formulé en preuve. « Voici comment on a aidé une entreprise de votre secteur dans la même situation » plutôt que « voici ce que je peux faire pour vous ». Le cas d’un concurrent du prospect est encore plus parlant.
- La demande de rendez-vous, tôt. « Je vous propose qu’on en parle vingt minutes, en visio ou chez vous. Plutôt mardi ou jeudi ? » L’appel sert à obtenir une date, rien de plus.
Un appel réussi dure environ quatre minutes ; au-delà, pose la date et passe au suivant. Groupe tes appels par secteur pour créer des automatismes, et abandonne les accroches toutes faites comme « je serai transparent, c’est un appel de prospection » : elles marchaient quand personne ne les utilisait.
Quand appeler, et combien de fois
Appelle le lundi en priorité. Le taux de décroché est à peu près le même toute la semaine, mais le taux de rendez-vous posés baisse à mesure que les agendas se remplissent. Si un prospect est sous l’eau, demande-lui le bon moment plutôt que d’imposer mardi prochain. Si la personne ne décroche pas, rappeler aussitôt permet souvent de passer le filtre anti-spam ; un responsable marketing rappelé deux fois peut t’envoyer sèchement sur les roses. Tu t’excuses, tu raccroches, tu composes le numéro suivant, sans rester bloqué sur le refus.
Côté règles : en B2B, appeler une entreprise sur sa ligne professionnelle pour un service en lien avec son activité est autorisé, à condition de te présenter et de respecter une demande de ne plus être contacté. Si ta cible est constituée de particuliers (mariage, films de famille), le démarchage téléphonique est beaucoup plus encadré : liste d’opposition Bloctel, horaires et jours autorisés. Ces règles évoluent, vérifie-les sur le site de la CNIL.
Les objections courantes et quoi répondre
On compte deux à trois objections par appel, et cinq ou six d’entre elles couvrent environ 70 % des cas. Prépare-les, tu n’auras presque jamais de surprise.
- « Je n’ai pas le temps. » « Je comprends. Quel est le meilleur moment pour que je vous rappelle dix minutes ? » Tu repars avec un créneau au lieu d’un non.
- « On n’a pas de budget. » « C’est souvent le cas avant qu’on en parle. Avez-vous une idée de ce que coûte une vidéo ? » La majorité n’en a aucune, et c’est là que ton rôle de conseil commence.
- « Ça ne m’intéresse pas. » Dans l’analyse citée, retourner un « pas intéressé » n’apporte presque rien (de l’ordre de 0,4 point de rendez-vous en plus). Accepte, qualifie en une question, pose un bénéfice, et conviens d’une relance dans deux ou trois mois. Dans la vidéo, beaucoup de « pas intéressé » cachent un cousin qui filme et un besoin d’éducation.
- « On a déjà un prestataire. » L’objection la plus rentable à travailler : jusqu’à 3,6 points de rendez-vous supplémentaires dans la même analyse. Ce prospect a compris la vidéo, le plus dur est fait. « Très bien, et qu’est-ce qu’il vous manque aujourd’hui dans cette collaboration ? »
- « Envoyez-moi un mail. » Demande-toi si la personne veut vraiment un mail ou juste avoir la paix. Des équipes commerciales qui se sont interdit d’envoyer ce mail ont doublé leur taux de rendez-vous. Essaie : « Bien sûr. Qu’est-ce qui vous intéresserait d’y voir ? Et quand puis-je vous rappeler pour en parler ? »
Sur cent personnes jointes, la majorité n’a pas besoin de toi aujourd’hui, et ça ne dit rien de ton travail.
LinkedIn, le mail et la recommandation : les canaux qui tiennent dans la durée
Les canaux écrits sont plus lents que le téléphone, mais ils travaillent pour toi pendant des mois, et la recommandation finit par devenir ta première source de clients. Sauf que tu ne peux pas commencer par elle : elle se construit avec les clients signés autrement.
Le message écrit qui obtient une réponse
Un bon message de prospection ressemble à un message, pas à une plaquette : trois à cinq lignes, une seule question, aucun PDF, aucune phrase du type « nous sommes une agence passionnée ». La séquence qu’on observe comme la plus efficace tient en quatre envois sur trois semaines :
- Jour 1 : la personnalisation « j’ai vu que ». « Bonjour Madame X, j’ai vu que vous ouvriez un deuxième atelier à Blagnac. Comment comptez-vous le faire connaître ? » Pas de pitch : une observation, une question.
- Jour 3 ou 4 : un apport. Un exemple de ce que tu as fait pour un acteur comparable, une idée pour leur situation.
- Jour 10 : la proposition d’échange. « Je vous propose quinze minutes la semaine prochaine. Mardi 11 h ou jeudi 15 h ? »
- Jour 20 : la clôture. « Je ne veux pas encombrer votre boîte, je clos ce fil de mon côté. Si le sujet revient, vous savez où me trouver. » Ce dernier message débloque un nombre surprenant de réponses.
Dans ce qu’on observe, il faut dix à vingt messages personnalisés pour une réponse positive, et le délai se raccourcit nettement quand le message est suivi d’un appel deux ou trois jours plus tard : « Je vous ai écrit mardi au sujet de votre deuxième atelier, je vous appelle pour en parler. » Le message réchauffe, l’appel pose la date.
Sur LinkedIn, le profil compte autant que le message : un titre qui parle au client (« Vidéos de recrutement pour les PME industrielles d’Occitanie ») plutôt qu’à tes pairs (« Réalisateur, DOP, monteur »). Pour trouver un numéro depuis un profil, le standard de l’entreprise marche très bien.
Pour le mail, même corps, un objet court avec le nom de l’entreprise, une adresse nominative. La prospection par e-mail d’un professionnel sur son adresse professionnelle, pour un service en lien avec sa fonction, est possible en France sans consentement préalable, à condition de l’informer et de lui permettre de s’opposer facilement ; les règles précises sont sur le site de la CNIL, à vérifier. Et fais relire tes mails par d’autres vidéastes : seul, on ne voit pas ses erreurs.
Le réseau que tu as déjà, et celui que tu construis
Commence par le plus simple : anciens clients, contacts perdus de vue, amis qui travaillent en entreprise. Un message pour prendre des nouvelles, dire ce que tu fais maintenant et demander « à qui devrais-je parler ? » rapporte souvent le premier rendez-vous de la semaine.
Ensuite, Google Maps. Ouvre la carte autour de chez toi, dix kilomètres, et liste les entreprises : artisans, PME industrielles, cabinets, commerces à plusieurs points de vente. Un membre de la communauté reconverti à 48 ans après vingt-six ans dans l’immobilier a trouvé son premier client pro de cette façon, dans un village d’un millier d’habitants : parmi ses tout premiers appels, une société à trois minutes de chez lui avait besoin d’une vidéo pour la refonte de son site. Le projet livré, il est retourné proposer de gérer la communication à l’année (épisode 230).
Le premier projet avec un client est un one shot, mais c’est aussi un projet pour lequel tu es payé pour prospecter : reviens toujours avec une proposition de suivi. Et un premier client dans un secteur ouvre tout le secteur : « on vient de tourner pour un transporteur de votre taille à Montauban » rassure plus que n’importe quel reel.
Les partenaires, enfin : photographes, agences de communication, graphistes, imprimeurs, organisateurs d’événements. Ils ont les mêmes clients que toi et n’ont pas ton savoir-faire. Un vidéaste lyonnais de la communauté a signé ses premiers contrats payants en accompagnant un photographe ami sur des conventions et des soirées d’entreprise (épisode 228).
Propose un café, apporte une idée de projet commun, demande explicitement à être recommandé. Même chose avec chaque client livré : quand il est content, demande deux noms. Les événements locaux complètent le tout, à une condition : trois vraies conversations valent mieux que cinquante cartes de visite.
L’entretien découverte : écouter avant de vendre
Le rendez-vous sert à comprendre le client. Ton reel peut attendre. Si tu ressors d’un entretien en ayant parlé plus de la moitié du temps, tu as raté quelque chose. Et ne donne jamais de prix avant cet entretien : un tarif envoyé sans connaître le contexte ne laisse au client qu’un seul critère de comparaison, le prix, et là tu as perdu.
On enseigne une structure simple, l’ADR : accroche, découverte, réponse. L’accroche te place en expert en deux minutes. La découverte est la phase où tu apprends : un médecin ne prescrit rien avant d’avoir posé des questions. La réponse relie ce que tu proposes à son problème ; quand la découverte est bien faite, elle coule de source.
Les questions qui font une bonne découverte :
- Pourquoi la vidéo, et pourquoi maintenant ?
- Qu’avez-vous déjà fait en communication ? Qu’est-ce qui a marché ?
- À qui s’adresse cette vidéo, et où sera-t-elle diffusée ?
- Qu’est-ce qui, dans six mois, vous ferait dire que c’était une bonne décision ?
- Avez-vous déjà travaillé avec un vidéaste ? Rencontrez-vous d’autres prestataires ?
- Qui décide, et dans quel délai ?
- Quel budget avez-vous prévu pour ce projet ?
La question du budget bloque beaucoup de vidéastes. Pose-la systématiquement, et explique pourquoi : « Je vous pose la question parce qu’elle change la stratégie. Avec tel budget, on fait une vidéo très produite pour monter en gamme ; avec tel autre, du contenu régulier pour durer. » Formulée comme ça, personne ne la trouve indiscrète. Si le client n’en a aucune idée, donne-lui deux scénarios en fourchette et observe sa réaction.
Un vidéaste de la communauté a vu une proposition refusée sur le prix parce qu’elle prévoyait trois fois plus de vidéos que le client n’en voulait : la question du budget aurait tout changé (épisode 226).
Le cycle de vente tient en général en deux rendez-vous : l’entretien découverte, puis la présentation de la proposition commerciale avec le prix. Pour une offre plus ambitieuse (film de marque, publicité), ajoute une étape créative entre les deux, scénario et images de référence, pour que le client se projette avant de parler chiffres. Dernier conseil, venu d’un ancien commercial devenu vidéaste : enregistre tes visios, en le disant au client, et relis-les. C’est dans l’entretien que se perdent les signatures, presque toujours parce que le client ne s’est pas senti écouté.
La proposition commerciale qui se signe
Un devis liste des lignes et un total. Une proposition commerciale raconte le projet du client et se termine par un prix. La différence se voit dans le taux de signature, et surtout dans la posture : tu passes d’exécutant qui chiffre à conseiller qui propose. Et une proposition se présente en direct, en visio ou en face à face, jamais en pièce jointe envoyée les yeux fermés.
La structure qu’on utilise, et que reprend notre générateur de proposition commerciale, tient en sept blocs :
- Ce que j’ai compris. Le contexte du client, dans ses mots, en trois phrases. C’est le bloc qui fait dire « c’est exactement ça ».
- L’objectif. Un seul, mesurable si possible : recruter, faire venir en atelier, justifier un positionnement haut de gamme.
- L’approche. Comment tu comptes y répondre, et pourquoi. C’est ici que tu peux aller au-delà du brief : ça ne passe pas toujours, mais ça installe ta posture de conseil.
- Les livrables. Formats, durées, déclinaisons, nombre de versions, et ce qui n’est pas inclus.
- Le planning. Préparation, tournage, montage, allers-retours, livraison.
- L’investissement. Deux options, pas cinq : une option principale qui répond au brief, et une option complète qui ajoute ce qui ferait vraiment la différence (une deuxième journée de tournage, des interviews supplémentaires, six extraits verticaux). Deux options déplacent la question de « est-ce que je signe ? » à « laquelle je choisis ? ».
- La prochaine étape. Une action, une date : « Validation avant le 24, acompte de 30 % à la signature, tournage la semaine du 10. »
Pour chiffrer sans oublier un poste, le calculateur de devis vidéo déroule préparation, tournage, montage, matériel, déplacements et droits ; le guide Fixer ses tarifs de vidéaste pose les bases du calcul. Sois transparent sur ce qui fait bouger la facture : trois vidéos tournées à trois dates coûtent à peu près trois fois le prix d’une seule, alors que trois interviews regroupées sur une journée reviennent, dans notre expérience, autour de 1,4 fois le prix d’une seule. Expliquer ces écarts au client fait partie du conseil.
Relancer sans harceler
La pire réponse d’un client n’est pas le non, c’est le silence. Tu peux relancer sans harceler, à deux conditions : une cadence raisonnable, et quelque chose à apporter à chaque fois. « Je me permets de revenir vers vous » n’apporte rien.
- J+2 : un message court. « Avez-vous pu la parcourir ? Y a-t-il un point que je peux préciser ? »
- J+7 : un appel. Les questions sortent plus facilement à l’oral, et c’est là que tu entends l’objection réelle.
- J+14 : un apport. Une référence, une idée de diffusion, une précision de planning qui réduit l’option complète.
- J+30 : la clôture. « Je comprends que le projet n’est pas d’actualité, je clos le dossier de mon côté. Je reste disponible si le sujet revient. » Le non ou le oui arrive souvent ici.
Dans ton CRM, chaque proposition a une date de prochaine relance, toujours. Et garde le fil même après un refus : un vidéaste de la communauté a vu une agence contactée six mois plus tôt, sans suite à l’époque, revenir signer un autre projet de quoi remplir son été.
Répondre à « c’est trop cher »
C’est ton offre qui est visée. Un client qui dit « trop cher » t’a répondu et t’a donné une raison, parfois un chiffre : c’est de l’information. Deux réponses ferment la porte à coup sûr : l’affrontement (« vous n’avez pas à m’expliquer mon métier ») et la justification (« mon prix est élevé parce que… »), qui répond à une question que le client n’a pas posée.
- En entretien, avant la proposition. « Trop cher par rapport à quoi ? » Souvent, le client compare avec une prestation qui n’a rien à voir, ou tu as surdimensionné l’offre. Reviens à la découverte.
- À la présentation de la proposition. Reviens aux deux options. Si le budget est vraiment contraint, retire des livrables plutôt que de baisser le prix du même travail : moins de déclinaisons, une journée de tournage avec des rushs pré-découpés que l’équipe interne finalise. Baisser ton prix sans rien changer dit au client que ton premier prix n’était pas sérieux.
- Après un refus sec, par écrit. Va dans son sens. « Je suis désolé d’entendre ça et je comprends tout à fait votre choix. J’ai à cœur de m’améliorer : accepteriez-vous un échange de quinze minutes ? » Pendant cet échange, une question vaut de l’or : « Hormis le prix, qu’est-ce qui aurait pu vous empêcher de travailler avec moi ? » Le projet est perdu ; le but est de comprendre et de garder la relation ouverte.
La vidéo a un tarif plancher, celui en dessous duquel tu ne rentres pas dans tes frais, et pas de tarif plafond. Un projet sous-payé est presque toujours moins bien fait, parce qu’on y investit son temps à perte. Tu trouveras d’autres cas concrets dans les épisodes du thème prospection.
Erreurs fréquentes
- Attendre que le portfolio soit parfait avant de prospecter. Tu perds des mois pendant lesquels tu n’apprends rien du marché. Prospecte avec deux ou trois réalisations, même gratuites, et enrichis le portfolio avec les projets signés.
- Envoyer un prix sans avoir rencontré le client. Il n’a plus qu’un critère de comparaison, le prix, et tu as perdu d’avance. Propose systématiquement un rendez-vous de vingt minutes avant tout chiffrage.
- Pitcher d’entrée au téléphone. Tu parles de toi à quelqu’un qui ne t’a rien demandé, et tu obtiens beaucoup moins de rendez-vous. Commence par « j’ai vu que », pose une question ouverte, et demande la date tôt.
- Prospecter par à-coups. Une grosse session tous les deux mois ne crée aucun automatisme et chaque reprise est aussi pénible que la première. Bloque deux créneaux fixes par semaine, et prospecte à plusieurs pour tenir.
- Ne pas poser la question du budget. Tu construis une proposition à l’aveugle et tu découvres l’écart au moment du refus. Pose-la à chaque entretien, en expliquant qu’elle sert à choisir la bonne approche.
- Relancer sans rien apporter, ou ne pas relancer du tout. Dans le premier cas tu agaces, dans le second tu laisses des propositions mourir en silence. Quatre relances sur un mois, chacune avec une question, un exemple ou une idée.
Questions fréquentes
Combien d’appels faut-il pour obtenir un rendez-vous client quand on est vidéaste ?
Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe qu’un vidéaste pose en moyenne une date pour trois prospects réellement joints au téléphone. Comme il faut souvent plusieurs appels pour joindre une personne, compte plutôt dix à quinze numéros composés par rendez-vous quand tu débutes. Ces ordres de grandeur varient selon la cible et le script.
Peut-on trouver des clients sans portfolio ?
Oui, et beaucoup de vidéastes de la communauté ont signé leur premier client avec deux ou trois réalisations seulement. Ce qui rassure un prospect, c’est que tu comprennes son problème et que tu lui proposes une réponse claire. Une ou deux vidéos réalisées gratuitement en liberté créative, dans le secteur que tu vises, suffisent comme preuve pour démarrer.
Faut-il prospecter sur LinkedIn ou par téléphone ?
Les deux, mais pas dans le même ordre. Le téléphone donne des rendez-vous en quelques jours, LinkedIn et le mail prennent plusieurs semaines et demandent des relances. Dans ce qu’on observe, la combinaison la plus efficace est un message court et personnalisé suivi d’un appel deux ou trois jours plus tard.
Quel est le meilleur jour pour prospecter par téléphone ?
Une analyse d’un million d’appels à froid, menée chez des commerciaux salariés, montre un taux de décroché stable toute la semaine mais un taux de rendez-vous qui baisse à mesure que les agendas se remplissent : le lundi sort gagnant. Notre expérience va dans le même sens, avec une nuance : le meilleur moment reste celui où tu appelles vraiment, et une routine fixe vaut mieux que le créneau théorique idéal.
Comment répondre à un client qui dit que c’est trop cher ?
Ne te justifie pas et n’affronte pas. Demande par rapport à quoi, revérifie que ton offre correspond à ce qu’il a réellement demandé, puis propose de retirer des livrables plutôt que de baisser le prix du même travail. Si le refus est définitif, remercie, demande un échange de quinze minutes et pose la question : hormis le prix, qu’est-ce qui vous a freiné ?
Combien de fois relancer un devis ou une proposition commerciale ?
Trois à quatre relances espacées sur un mois, chacune apportant quelque chose de nouveau : une question, un exemple, une idée pour le projet. Le silence après un envoi est pire qu’un non. Au bout d’un mois sans réponse, un dernier message qui annonce que tu clos le dossier débloque souvent une réponse.
Faut-il demander son budget au client ?
Oui, systématiquement, dès l’entretien découverte. Explique que la question sert à choisir la bonne approche : une vidéo très produite pour monter en gamme ou du contenu régulier pour durer. Si le client ne sait pas, donne-lui deux scénarios chiffrés en fourchette et observe sa réaction.
Pour aller plus loin
Trois épisodes du podcast pour entendre ces méthodes racontées par ceux qui les appliquent :
- Un million d’appels à froid : ce qu’ils apprennent aux vidéastes : le script en quatre temps, les objections qui valent le coup, le meilleur jour pour appeler.
- Arrête de vendre, crée d’abord une connexion : le cycle de vente en trois rendez-vous d’un ancien commercial devenu vidéaste, et la prospection en groupe à heure fixe.
- La proposition commerciale fait la différence : la question du budget et une proposition qui challenge le brief.
Pour les premiers pas, Trouve ton premier vrai client en 30 jours déroule un plan en quatre semaines.
Côté outils, le générateur de proposition commerciale transforme un brief en proposition structurée selon les sept blocs décrits plus haut, et le calculateur de devis vidéo sert à chiffrer poste par poste avant de la remplir.
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Sources
FAQ
Questions fréquentes
Combien d'appels faut-il pour obtenir un rendez-vous client quand on est vidéaste ?
Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe qu'un vidéaste pose en moyenne une date pour trois prospects réellement joints au téléphone. Comme il faut souvent plusieurs appels pour joindre une personne, compte plutôt dix à quinze numéros composés par rendez-vous quand tu débutes. Ces ordres de grandeur varient selon la cible et le script.
Peut-on trouver des clients sans portfolio ?
Oui, et beaucoup de vidéastes de la communauté ont signé leur premier client avec deux ou trois réalisations seulement. Ce qui rassure un prospect, c'est que tu comprennes son problème et que tu lui proposes une réponse claire. Une ou deux vidéos réalisées gratuitement en liberté créative, dans le secteur que tu vises, suffisent comme preuve pour démarrer.
Faut-il prospecter sur LinkedIn ou par téléphone ?
Les deux, mais pas dans le même ordre. Le téléphone donne des rendez-vous en quelques jours, LinkedIn et le mail prennent plusieurs semaines et demandent des relances. Dans ce qu'on observe, la combinaison la plus efficace est un message court et personnalisé suivi d'un appel deux ou trois jours plus tard.
Quel est le meilleur jour pour prospecter par téléphone ?
Une analyse d'un million d'appels à froid, menée chez des commerciaux salariés, montre un taux de décroché stable toute la semaine mais un taux de rendez-vous qui baisse à mesure que les agendas se remplissent : le lundi sort gagnant. Notre expérience va dans le même sens, avec une nuance : le meilleur moment reste celui où tu appelles vraiment, et une routine fixe vaut mieux que le créneau théorique idéal.
Comment répondre à un client qui dit que c'est trop cher ?
Ne te justifie pas et n'affronte pas. Demande par rapport à quoi, revérifie que ton offre correspond à ce qu'il a réellement demandé, puis propose de retirer des livrables plutôt que de baisser le prix du même travail. Si le refus est définitif, remercie, demande un échange de quinze minutes et pose la question : hormis le prix, qu'est-ce qui vous a freiné ?
Combien de fois relancer un devis ou une proposition commerciale ?
Trois à quatre relances espacées sur un mois, chacune apportant quelque chose de nouveau : une question, un exemple, une idée pour le projet. Le silence après un envoi est pire qu'un non. Au bout d'un mois sans réponse, un dernier message qui annonce que tu clos le dossier débloque souvent une réponse.
Faut-il demander son budget au client ?
Oui, systématiquement, dès l'entretien découverte. Explique que la question sert à choisir la bonne approche : une vidéo très produite pour monter en gamme ou du contenu régulier pour durer. Si le client ne sait pas, donne-lui deux scénarios chiffrés en fourchette et observe sa réaction.
Pour continuer
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- L'Incubateur, 30 joursLe programme qui applique ce guide, avec un coach.
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