Article· 9 min de lecture· 15 octobre 2026
Tarif du montage vidéo : ce que ça coûte, et comment le facturer sans y laisser tes nuits
Le montage vidéo seul se facture, dans la communauté des Vidéopreneurs, entre 300 et 500 € HT la journée selon l’expérience et la complexité ; à l’heure, on voit 50 à 90 € HT, et au projet, le prix découle du nombre de jours : une interview montée en une journée, un film d’entreprise en deux à quatre. Le tarif « à la minute livrée » existe, mais c’est une mauvaise unité : une minute de reportage et une minute de motion design n’ont rien à voir en temps de travail. Ce sont des fourchettes observées, pas un barème. Cet article les détaille par format, explique ce qui fait bouger le prix, comment cadrer les retours, comment sous-traiter le montage quand tu es vidéaste, et comment un monteur freelance calcule son tarif.
Toutes les fourchettes de ce texte sont indicatives : elles décrivent ce qu’on observe dans la communauté des Vidéopreneurs, pas un barème, et surtout pas un plafond. En vidéo, il n’y a pas de limite haute ; ton prix dépend de ton positionnement et de ta capacité à défendre la valeur que tu produis pour le client.
Combien coûte le montage vidéo seul : quatre façons de le facturer
Quatre unités coexistent, et elles ne se valent pas. La journée est celle qui protège le mieux le monteur et le client.
| Unité | Fourchette observée (HT) | Quand elle fonctionne | Son défaut |
|---|---|---|---|
| La journée ou la demi-journée | 300 à 500 € la journée | Presque toujours : le prix suit le temps réel | Demande d’estimer les jours avant de commencer |
| L’heure | 50 à 90 € | Retouches, déclinaisons, petites urgences | Le montage s’étire, l’heure pousse à sous-compter |
| Le projet (forfait) | Jours estimés × tarif journalier | Ce que le client achète : un livrable à prix connu | Dangereux sans nombre de retours écrit |
| La minute livrée | Très variable | Jamais, sauf si le client l’exige | La durée finale ne dit rien du travail |
Si un client exige un prix à la minute, calcule-le à partir de tes jours, pas de la durée finale. Un film de deux minutes trente monté en trois jours à 450 € revient à 1 350 € HT, soit 540 € la minute ; un réel de 45 secondes monté en une demi-journée à 225 € revient à 300 € la minute. Le même monteur, deux prix à la minute sans rapport entre eux. C’est la démonstration à garder sous le coude.
Ce qui fait varier le tarif du montage
Six variables expliquent l’écart entre une journée à 300 € et un projet à 2 000 €.
- La durée des rushs. Deux heures de rushs pour deux minutes de film se dérushent en une demi-journée ; huit heures d’un événement, en une journée entière avant même de monter. Demande toujours la durée des rushs avant de chiffrer.
- Le nombre de versions et de formats. 16:9, vertical, carré, sous-titré, sans logo : chaque déclinaison, c’est un export, une vérification, parfois un remontage. La liste des livrables écrite au devis fixe ce périmètre.
- Le motion design et l’habillage. Titres animés, infographies, logo animé : des demi-journées qui s’ajoutent, et un savoir-faire qui se paie plus cher que le montage à cuts.
- Les sous-titres. Transcription, synchronisation, relecture : souvent une demi-journée pour un film de deux à trois minutes, plus pour une langue étrangère.
- L’étalonnage et le mixage. Une demi-journée à une journée sur un film d’entreprise ; parfois un étalonneur dédié sur les projets haut de gamme.
- Les délais. Une livraison sous sept jours se paie souvent 25 % de plus sur la production. Dans l’épisode 207, on le dit autrement : « De la dispo comme ça, de la réactivité, c’est énormément de valeur. » Donc ça se chiffre, et ça se facture.
Tarif du montage par format
Hypothèses du tableau : une journée de montage à 300 à 500 € HT, deux retours groupés inclus, rushs fournis et nommés. Les trois premières lignes reprennent les durées du guide des tarifs ; la dernière est une estimation construite avec la même méthode, sur moins de cas observés.
| Format | Jours de montage | Ordre de grandeur (HT) | Ce qui fait varier le prix |
|---|---|---|---|
| Interview face caméra, 1 à 2 min montées | 1 jour | 300 à 500 € | Nombre de questions, habillage, sous-titres, déclinaisons |
| Aftermovie d’événement, 1 à 2 min | 1 à 2 jours | 300 à 1 000 € | Volume de rushs, second cadreur, interviews à intégrer, délai |
| Réel ou format court, 30 à 60 s | Une demi-journée par format, matière triée | 150 à 250 € l’unité, dégressif par lot | Sous-titrage, habillage, nombre de formats |
| Formation en ligne, module de 5 à 15 min | Une demi-journée à une journée par module | 150 à 500 € le module | Montage à cuts, captures d’écran, chapitrage, nombre de modules |
Ces chiffres concernent le montage seul, rushs fournis. Si tu cherches le prix d’une vidéo complète, tournage compris, l’article sur le prix d’une vidéo d’entreprise donne les fourchettes.
Les allers-retours : le poste qui fait déraper le montage
Deux retours groupés inclus, écrits, avec minutage, et un prix de retour supplémentaire annoncé dès le devis : c’est la pratique la plus répandue dans la communauté, détaillée dans la fiche allers-retours. Sans ça, le montage ne se termine jamais : un message par jour pendant quinze jours, un nouveau décideur qui découvre la vidéo au troisième tour, une musique à changer après l’étalonnage.
Florent Petex, vidéaste corporate, raconte dans l’épisode 208 le cas d’une vidéopreneuse face à une grande entreprise : quatre ou cinq décisionnaires non prévus, et une vidéo rendue à la V15. Sa méthode depuis : trois vagues de retours annoncées dès le départ, un outil de relecture en ligne, et un fichier qui consigne ce qui a changé à chaque version. Quand une demande sort du cadre, il l’annonce avant de la faire : les deux jours de post-production sont consommés, ce changement représente une journée en plus. « Il ne faut pas qu’il y ait des zones grises. C’est ça qui crée des conflits. »
Trois règles qui tiennent :
- Un retour, c’est une liste complète, envoyée en une fois, par écrit, avec le minutage. Face à plusieurs décideurs : groupez vos retours, mettez-vous d’accord, puis revenez vers moi.
- Un délai de validation tacite, souvent cinq à dix jours ouvrés, au-delà duquel la version est considérée acceptée.
- Changer la musique, la structure ou la durée après la V1 n’est pas un retour, c’est un nouveau montage. Et ça se dit au client avant de s’y mettre.
Dans le podcast : sous-traiter le montage sans y perdre
Si le montage t’empêche de vendre et de tourner, confie-le à un monteur et refacture-le avec un coefficient : dans la communauté, on observe entre 1,3 et 2 fois le prix du monteur selon le niveau de supervision. Une journée achetée 350 € se revend 450 à 700 € dans ton devis. La différence paie ton brief, ta supervision, tes corrections, ta responsabilité devant le client et ta marge. Si ta marge est nulle, tu as juste ajouté un intermédiaire.
C’est le sujet de l’épisode 223, notre épisode source et le plus écouté du podcast en 2025. Guillaume y pose le bon moment pour déléguer : avant la noyade, quand la structure financière le permet et que tu sais où tu vas. On commence par les tâches peu rentables, longues et que tu sais parfaitement faire : le dérushage, les montages très processisés, les déclinaisons. On délègue les projets historiques et on garde les nouveaux, ceux qui font apprendre. Et on teste en basse saison, pas en plein rush de printemps.
Deux phrases de l’épisode à garder. « Personne ne va mourir si tu ne livres pas en 48 heures. Par contre ton business, lui, il va mourir si tu continues de dire oui à tout. » Et : « Être occupé, ce n’est pas la même chose qu’être productif. » Accepte de lâcher de la marge, parfois toute la marge, sur les premiers projets délégués : ce que tu achètes, c’est un partenaire testé et la capacité d’absorber plus de projets demain. Le guide pour structurer son activité détaille le brief de délégation, et la fiche sous-traitance rappelle que le monteur doit te céder ses droits pour que tu puisses les céder à ton client.
Comment un monteur freelance calcule son tarif journalier
Un monteur calcule son TJM comme un vidéaste : revenu net visé, frais fixes, cotisations, jours réellement facturables. La méthode est celle du guide des tarifs du vidéaste et du simulateur de TJM ; seuls les frais changent.
Exemple avec les hypothèses du guide, adaptées au montage :
- Revenu net visé : 2 500 € par mois, soit 30 000 € par an.
- Frais fixes : un monteur a moins de matériel qu’un vidéaste. Ordinateur et écrans amortis sur trois ans, disques, logiciels, banques de musique et d’effets, assurance, comptable : souvent 4 000 à 6 000 € par an. Prenons 5 000 €.
- Cotisations micro-entreprise arrondies à 22 % du chiffre d’affaires (ordre de grandeur 2026, à vérifier chaque année sur le portail auto-entrepreneur de l’URSSAF). Chiffre d’affaires nécessaire : (30 000 + 5 000) ÷ 0,78 ≈ 44 900 € HT.
- Jours facturés : trois par semaine sur 44 semaines, soit 132 jours. Un monteur passe aussi du temps à chercher des projets, à faire des devis et à entretenir sa machine.
- TJM minimum : 44 900 ÷ 132 ≈ 340 € HT. Avec la marge de 20 % pour les devis négociés et les journées qui débordent : environ 410 €, arrondi à 400 € HT.
On retombe dans la fourchette de 300 à 500 € observée. Logique : les monteurs qui durent ont fait ce calcul, consciemment ou pas. Celui qui monte à 200 € la journée avec 100 jours facturés, lui, subventionne le montage au lieu d’en vivre. Le calculateur de devis vidéo transforme ensuite ce TJM en devis, poste par poste, retours inclus.
Questions fréquentes
Quel est le tarif journalier d’un monteur vidéo freelance ?
Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe 300 à 500 € HT la journée selon l’expérience, la complexité et la part de motion design. À l’heure, 50 à 90 € HT. Ce sont des observations de terrain, pas un barème ; le bon chiffre se calcule à partir du revenu visé, des frais et des jours réellement facturables.
Comment facturer le montage à la minute de vidéo livrée ?
Évite cette unité si tu peux : la durée finale ne dit rien du temps de travail. Si le client l’exige, estime d’abord tes jours, multiplie par ton tarif journalier, puis divise par la durée livrée pour afficher un prix à la minute. Précise le nombre de retours inclus et la durée des rushs sur laquelle le prix repose.
Combien d’allers-retours inclure dans un tarif de montage ?
Deux retours groupés en général, chaque retour étant une liste complète de remarques envoyée en une fois, par écrit, avec minutage. Annonce dès le devis le prix d’un retour supplémentaire, à la demi-journée ou à la journée, et un délai de validation au-delà duquel la version est considérée acceptée.
Comment refacturer un monteur quand on sous-traite ?
Avec un coefficient qui couvre ton brief, ta supervision, tes corrections, ta responsabilité et ta marge : dans la communauté, on observe entre 1,3 et 2 fois le prix du monteur selon le niveau de supervision. Vérifie aussi que le monteur te cède ses droits sur son travail, avec un périmètre au moins aussi large que celui que tu cèdes à ton client.
Pour poser l’ensemble de ta grille, du TJM aux droits d’utilisation, le guide des tarifs du vidéaste déroule la méthode complète, et le simulateur de TJM fait le calcul avec tes chiffres en deux minutes. Si tu veux travailler ton organisation, tes retours et tes premières délégations avec d’autres vidéastes, c’est ce qu’on fait pendant six mois dans l’Incubateur.
FAQ
Questions fréquentes
Quel est le tarif journalier d'un monteur vidéo freelance ?
Dans la communauté des Vidéopreneurs, on observe 300 à 500 € HT la journée selon l'expérience, la complexité et la part de motion design. À l'heure, 50 à 90 € HT. Ce sont des observations de terrain, pas un barème ; le bon chiffre se calcule à partir du revenu visé, des frais et des jours réellement facturables.
Comment facturer le montage à la minute de vidéo livrée ?
Évite cette unité si tu peux : la durée finale ne dit rien du temps de travail. Si le client l'exige, estime d'abord tes jours, multiplie par ton tarif journalier, puis divise par la durée livrée pour afficher un prix à la minute. Précise le nombre de retours inclus et la durée des rushs sur laquelle le prix repose.
Combien d'allers-retours inclure dans un tarif de montage ?
Deux retours groupés en général, chaque retour étant une liste complète de remarques envoyée en une fois, par écrit, avec minutage. Annonce dès le devis le prix d'un retour supplémentaire, à la demi-journée ou à la journée, et un délai de validation au-delà duquel la version est considérée acceptée.
Comment refacturer un monteur quand on sous-traite ?
Avec un coefficient qui couvre ton brief, ta supervision, tes corrections, ta responsabilité et ta marge : dans la communauté, on observe entre 1,3 et 2 fois le prix du monteur selon le niveau de supervision. Vérifie aussi que le monteur te cède ses droits sur son travail, avec un périmètre au moins aussi large que celui que tu cèdes à ton client.
Le guide complet
Tarifs du vidéaste : combien facturer, et comment le tenir
Tarif vidéaste : fourchettes de TJM observées, méthode pour calculer le tien, grille par type de prestation et comment annoncer un prix sans le brader.
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